Interview avec Dominique Firinga

dominique firinga atelier

Pour cette première interview Circulab network, nous avons donné rendez-vous à Dominique Firinga.
Dominique est ingénieure éco-conception bois de formation. Basée à  Mâcon, elle a fondé et dirige depuis plusieurs années le bureau d’études DECODEX. Elle a notamment travaillé avec le Conseil Régional Bourgogne France Comté, le département Isère, le SIRTOM… Elle fait partie de la première promotion du Circulab network et est devenue consultante certifiée Circulab en septembre 2015.

Découvrez son parcours, sa philosophie, mais également son expérience Circulab en région Bourgogne France Comté.

Bonjour Dominique, pourrais-tu en quelques mots te présenter et nous présenter ton parcours ?

” Dès mon plus jeune âge, je m’intéresse à la technique et aux Hommes dans un souci constant de mieux
appréhender mon environnement et son fonctionnement. J’aime comprendre le monde et les humains qui m’entourent et être en capacité de « faire », de penser avec les autres et d’apporter des nouvelles solutions.
Concrètement, ça se traduit par un diplôme d’ingénieur Bois, suivi d’un master en Gestion d’entreprises. En
2009, je suis formée au management de l’éco-conception, c’est un bouleversement pour moi. Je décide alors
de mettre toute mon énergie à apporter ma petite part à notre maison « monde » qui brûle, pour reprendre
l’expression devenue célèbre. Ça a d’autant plus de sens que je suis alors Responsable Recherche et
Développement dans une entreprise de produits de second œuvre du bâtiment.”

Tu mets en avant 3 valeurs dans l’ADN de ton bureau d’études qui sont créativité / proximité / confiance. Pourrais-tu nous en dire un peu plus, notamment sur l’importance de la créativité dans une démarche de transformation ou création de modèles circulaires ?

En 2013, pour aligner encore davantage mes convictions à mon travail, je fonde DECODEX. J’ai maintenant cette vision que le monde a basculé dans une nouvelle ère, qu’il est en mutation profonde, mutations environnementale, technologique mais aussi sociétale. L’application des 3R (Reduce, Reuse, Recycle) ne suffisent pas et il est indispensable d’éco-concevoir une autre économie : collaborative, incroyablement innovante, sobre en énergies et ressources. De nouveaux modèles économiques sont à inventer et à évaluer, c’est un formidable challenge ! J’ai traduit tout cela par les mots : créativité, proximité et confiance !

Le défi clé pour résumer la circularité ? Autonomie régionale maximale !

 

Basée à Mâcon, tu travailles en étroite collaboration avec les acteurs de la région Bourgogne Franche-Comté. Quels sont selon toi les défis clés du territoire en matière de gestion des ressources et de “circularité” des matières et matériaux ?

Je participe en tant que Bureau d’Étude à la feuille de route EC de la région BFC. Je suis ravie de constater que la région intègre parfaitement les défis à relever : à partir d’un état des lieux sur l’ensemble des ressources utilisées par le territoire, y compris l’eau, les réflexions portent sur la recherche maximale d’autonomie, en terme énergétique, alimentaire, matériaux… Voilà peut-être le défi clé pour résumer la circularité : Autonomie régionale maximale!

Comment es-tu parvenue à te positionner en tant que premier bureau d’étude et de conseil en EC sur la région ?

Je crois que c’est plus un objectif qu’une réalité! Difficile d’avoir accès à tous les chiffres !
Nous savons tous qu’il faut beaucoup d’énergie et de conviction pour changer les modèles. Cet objectif est sans doute une manière de se donner cette énergie !

Y-a-t’il un projet en région que tu trouves particulièrement inspirant ?

“Je partage avec vous les conclusions d’une étude menée pour un entrepreneur à coté de Mâcon : il s’agit de remanufacturer des moteurs et des compresseurs utilisés en assainissement non collectif. Fort des résultats encourageants, nous nous dirigeons vers l’étude d’un modèle de location/entretien du matériel qui nécessite de travailler avec les fournisseurs en amont, pour fabriquer des produits durables et réparables rapidement. Ces changements là vont vraiment dans le bon sens, c’est une goutte d’eau mais réellement inspirante !

Le Circulab c’est d’abord une nouvelle manière de penser le monde.

 

Tu fais partie de la première promotion Circulab network (2015). Qu’est-ce que cette méthodologie et réseau t’ont apporté jusqu’ici ?

C’est d’abord l’exemple d’une nouvelle manière de penser le monde : grâce à la collaboration, à l’échange et à l’éthique, de petites entreprises, en travaillant ensemble sur un bel outil, se renforcent mutuellement et génèrent un impact important. C’est l’histoire des petites rivières…et je suis très heureuse d’en faire partie !”

À l’aide des outils Circulab, que tu as par la suite adaptés, tu as travaillé avec des collèges sur la
valorisation des déchets. Dans quel contexte s’est mis en place ce projet et quels ont été les résultats ?

“C’est tout l’intérêt du réseau et de la proximité. Justine m’a mise en contact avec le département de l’Isère
sur l’utilisation du Circulab dans les collèges. J’ai travaillé en partenariat avec Philippe Garcin pour
l’animation de l’outil. Nous étions en concurrence avec d’autres méthodologies déployées dans d’autres
collèges. Finalement, CIRCULAB a été retenu pour devenir la méthodologie de déploiement à la condition
de le simplifier. Une quinzaine d’animateurs isérois ont été formée à cette version : nouveau plateau,
nouvelles cartes. Le bilan de cette première année aura lieu début juillet. Les premiers retours ont l’air
excellent.”

Le mot de la fin ?

“Simplement merci Brieuc, Nicolas et Justine ! Merci pour cet outil performant et votre belle éthique !”

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