Pourquoi irez-vous plus loin en coopérant ?

  • "If you want to go fast, go alone. If you want to go far, go together."

Depuis quelques années, les KPI ou key performance indicators ont envahi les entreprises et les organisations en général. Tout est devenu chiffrable, la notion de quantité a pris le pas sur la notion de qualité. Les managers et leurs équipes sont évalués en suivant ces fameux indicateurs, si bien que leur engagement est concentré uniquement sur ses résultats chiffrables. Dans le même temps, on réalise que les tensions dans l’ensemble de la société sont de plus en plus vives. A force de trop compter, aurions-nous oublier l’essentiel : la coopération entre les acteurs ? Pourtant que ce soit dans les écosystèmes naturels, au temps de l’homme de Neandertal ou dans des exploits sportifs récents, les exemples de coopérations sont nombreux.

« La coopération et la solidarité ont probablement été des facteurs-clés dans la réussite évolutive de notre espèce »

Dans son livre « biomimétisme » publié en 1997, Janine Benyus prend l’exemple de la forêt de sequoias pour montrer les multiples interactions vertueuses entre ces arbres exceptionnels eux-mêmes mais aussi avec les réseaux de champignons ou des espèces animales. En effet, arrivé à une certaine hauteur, l’arbre cesse de grandir et redonne son surplus d’énergie aux autres arbres qui l’entourent, d’autant plus si le plus grand cache l’accès aux rayons du soleil aux plus petits. De même, en cas de sécheresse par exemple, les réseaux des racines des champignons, le mycélium, permettent de répondre dans une certaine mesure aux besoins en eau des arbres millénaires. Dans notre présentation Et si l’entreprise fonctionnait comme une forêt de séquoïas ?, inspirée de l’ouvrage de la scientifique américaine, nous donnions encore d’autres exemples de synergies inter-espèces.

Dans un article du mois de juillet du Monde diplomatique, la journaliste Marylène Patou-Mathis explique bien que la coopération entre les hommes est quelque chose de beaucoup plus naturel que ce ce que l’on veut bien croire. En s’appuyant sur les données archéologiques, elle affirme que « la compassion et l’entraide, ainsi que la coopération et la solidarité, plus que la compétition et l’agressivité, ont probablement été des facteurs-clés dans la réussite évolutive de notre espèce. ». À croire que l’évolution de l’Homme nous aurait fait oublié l’essentiel ?

Même les cabinets de consulting internationaux mettent de plus en plus en avant l’engagement et la coopération. Lors de sa récente conférence Smart Simplicity, Yves Morieux du Boston Consulting Group, met en avant le fait que les entreprises et leurs salariés ne se concentrent plus que sur ce qui est clair, mesurable, comptable… à tel point qu’ils passent de plus en plus à côté de l’essentiel. L’engagement est réduit à néant, on ne fait que ce qui est considéré. En rappelant que notre monde est de plus en plus complexe et interdépendant, il souligne la nécessaire coopération entre les individus pour réussir.

« Le tout vaut plus que la sommes des parties, c’est le miracle de la coopération »

L’exemple qu’il prend rend la démonstration lumineuse : la finale du 4 x 100m féminin aux Championnats du monde d’athlétisme de 2003. D’un côté, les américaines font figure d’archi-favorites avec notamment les 2 meilleures performeuses du moment sur la distance. D’un autre, les quatre françaises n’ont pas franchi la distance sous les 11 secondes contrairement à deux des américaines. En cumulant les meilleurs temps de l’année pour chaque équipe, les américaines sont censées arriver 6,4m devant les françaises. Voyez plutôt le résultat…

Magie de la coopération, « le tout vaut plus que la somme des parties ». Les sprinteuses réalisent les efforts nécessaires à leurs performances mais également à celle de leur équipe. L’intervenant résume l’exploit par cette phrase surprenante mais pleine de sens « celles qui portent le bâton sont plus lentes mais leur bâton est plus rapide. C’est le miracle de la coopération ».

Dans un monde de plus en plus complexe où les acteurs et les forces en présence sont de plus en plus nombreux, il n’est plus possible de perdre du temps et des efforts. La coopération doit être encouragée en acceptant les chevauchements de responsabilités et en évaluant, non plus exclusivement sur la performance des acteurs, mais aussi sur la manière dont ils mènent leurs actions. Les acteurs finissent rapidement par réaliser que dans la coopération, il y en a pour tout le monde.

Dans la grande majorité des projets liés à l’économie circulaire, la coopération entre les acteurs s’avèrent être un facteur clé de la réussite du projet. En effet, que ce soit à l’échelle d’une entreprise ou d’un territoire, on réalise rapidement que les synergies et la qualité des relations entre les parties prenantes sont indispensables pour faire avancer le projet. C’est la raison pour laquelle nous avons créé le Circulab. À travers cette suite d’ateliers, d’outils et de jeux, les parties prenantes sont identifiées pour permettre à tous de se comprendre mais aussi de s’impliquer. L’idée est aussi de les projeter dans le futur en les mettant face à la porté de leurs choix d’aujourd’hui. Dans un contexte positif et ludique, la coopération autour de projets porteur de sens et d’intérêt économique, social et environnemental renait.

Si vous souhaitez aller plus loin sur le sujet, n’hésitez pas à regarder la passionnante conférence d’Yves Morieux.